De l'apparition du danger

De l'apparition du danger

IL FAIT chaud.

DANS L'OMBRE ÉTOUFFANTE que me procure ma chambre, je cède à la douce torpeur d'un après-midi d'été. Mon corps paresseux n'esquisse pas le moindre mouvement de peur que mon sang ne s'échauffe encore plus, provoquant ainsi ma mort par déshydratation. Ma peau légèrement humide de sueur rutile telle une peau de serpent, frissonnant au moindre courant d'air. Une mouche vole près de ma jambe. Ses mouvement d'aile me font un peu d'air.

ALLONGÉE SUR LE LIT, dévorant pour la millième fois le même roman, il me semble que je vais fondre comme du beurre si la température monte encore d'un degré. Je suis en sous-vêtements mal assortis mais peu m'importe puisque personne ne peut me voir.

SOUDAIN IL SE DÉCOUPE comme une ombre devant ma porte-fenêtre. Venant du jardin, un garçon s'approche à grand pas, d'un air décidé. J'ai tout juste le temps de bondir dans une robe avant qu'il ne frappe à la vitre, souriant de toutes ses dents.

AVEC SON LONG VISAGE pâle et insolent, il ressemble à l'image que je me fais de Drago Malefoy. Ses cheveux blonds et courts semblent avoir blanchi avec le soleil. Sans plus attendre je l'invite à entrer et il me remercie d'un petit sourire moqueur. En fermant la porte-fenêtre, je me regarde dans le miroir : ma robe est complètement relevée par-derrière.

JE M'EMPRESSE ALORS de remettre un peu d'ordre dans ma tenue débraillée sans qu'il n'éclate de rire mais c'est trop tard. Il prend alors ma main, m'attire vers lui et m'embrasse sans retenue. Ses yeux bleus électriques percent mon envie avant même que je la formule et sans un mot, il retire ma robe jaune tournesol.

LE BRUIT DU VENTILATEUR qui se met en marche accompagne la fin de nos ébats amoureux. Il me semble que la réalité est loin, très loin de moi. Je tourne la tête vers la petite masse de cheveux blonds paille qui dépasse d'un oreiller. Je m'approche alors de lui, la tête en équilibre dans une main, et lui souffle dans le creux du cou. Immédiatement, il se rétracte en riant, attends quelques secondes, puis me chatouille les côtes, provoquant un fou rire de vingt bonnes minutes.

<<Elles étaient géniales nos après-midi d'été. Je vous jure. C'était pas important qu'il ait dix-sept ans, et moi vingt-cinq.>>
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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 14:15

Du malaise amoureux

Du malaise amoureux


IL AVANÇA ENCORE sa tête, jusqu'à ce qu'ils soient joue contre joue. Pernilla se mordit la lèvre inférieure. Elle joua avec ses ongles pour masquer son malaise. Il ne fallait pas sourire, ni s'approcher encore. Il ne fallait pas lui dire que ça n'allait pas, c'était faux. Il ne fallait pas lui laisser l'occasion de s'approcher un peu plus.

LA PEUR AU VENTRE, elle tendit une main vers la tête de Marceau, tourna la tête de façon à l'embrasser près de l'oreille et lui laissa l'empreinte de ses lèvres. La peau de sa joue était douce. Elle rit. Soulagé, il repartit jouer au tarot. Pernilla pestait. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Elle était troublée. Trahie et heureuse en même temps.
# Posté le dimanche 28 juin 2009 15:07
Modifié le mercredi 01 juillet 2009 14:18

Cordes d'argent _ Thersite _ Amok ou Le Fou de Malaisie _ La Confusion des Sentiments _ Destruction d'un Coeur _ Ivresse de la métamorphose

Cordes d'argent _ Thersite _ Amok ou Le Fou de Malaisie _ La Confusion des Sentiments _ Destruction d'un Coeur _ Ivresse de la métamorphose


Parfois, il me semblait que l'obscurité de la nuit m'étouffait, me dévorait tel le manteau nocturne menaçant. Apeurée devant tant de majesté, je me sentais alors devenir toute petite mais alors je ne ressentais que mieux les limites de mon existence abhorrée. Souvent, une cigarette à ma main crevait mes poumons tandis que la nuit, l'imperturbable nuit se répandait inexorablement sur le ciel encore clair. Et puis d'autres fois, c'était simplement des délires que l'alcool accompagnait qui me faisaient ressentir cette même oppression, cette contrainte absurde de ma mortalité.

Cette nuit-là, c'était peut-être un peu de rosé qui m'était monté à la tête. Perdue dans mes pensées, je me laissai faire par les lentes et réconfortantes vibrations de la voiture. De même qu'un liquide agité, quand on le laisse reposer, décante lentement, de même il me semblait que mes soucis, mes agitations, mes questions métaphysiques se sédimentaient au plus profond de mon âme. Puis il arriva qu'il y eu une fuite au fond du verre de mon propre corps et alors tous mes tourments amassés se répandirent sur l'asphalte au fur et à mesure que la voiture poursuivait son voyage de retour.

Je me retrouvais privée de tout cet ouragan intérieur avec lequel je m'étais habituée à vivre.Muette, je fis ce que je n'avais pas fait depuis un an : j'écoutai. J'entendis les roulis de la voiture. J'entendis la musique que mon père avait diffusé à volume faible emplir mes oreilles. J'entendis l'écho de mes organes, le sang qui forçait un passage dans mes artères pourries, mes cheveux qui s'entrechoquaient et tout cela faisait un bruit affreux auquel j'étais incapable de me soustraire.

Je décidai d'ignorer ce vacarme implacable et de me concentrer sur ce changement interne qui m'apportait enfin la paix. J'ouvris les yeux pour regarder avec un étonnement non feint mon maillot de bain trempé, la serviette qui m'entourait et mes vêtements roulés en boule sur mes genoux. Ce désordre me perturbait. nerveusement. Je changeai la fréquence de la radio. La colère que j'avais accumulée une demi-heure plus tôt revint avec une telle force qu'on eût pu croire qu'elle m'avait été injectée.

Bien décidée à n'en rien laisser paraître, je fermai mes yeux pour essayer de contenir la vague destructrice, celle qui venait de me quitter et revenait avec encore plus de violence. Ce court moment de répit n'avait été qu'un rêve. Avec la colère vinrent les questions, et par milliers, elles affluèrent dans mes poumons, s'y attachèrent telles des moules sur un rocher tandis qu'emplis de fluides, mes organes vitaux s'affaiblissaient. Prise de tremblements, je réussi à m'extraire de la voiture mais mon portable m'échappa et retomba par terre en faisant voltiger la batterie dans le caniveau sous le regard ébahi de mon voisin.

Humiliée mais silencieuse, je m'agenouillai pour ramasser les morceaux éparpillés de mon cellulaire. Mes vêtements choisirent ce moment même pour sauter hors de mes bras et entraînèrent mon sac à main et mes chaussures dans leur chute sournoise. Exaspérée, je ne voulais plus qu'une chose : m'allonger par terre, emmitouflée dans mon drap de bain et dormir mais la raison et la présence de mon géniteur réussirent à me convaincre de traîner ma carcasse épuisée jusqu'à mon lit dans lequel je m'endormis aussitôt.

# Posté le mardi 16 juin 2009 16:05
Modifié le mercredi 17 juin 2009 09:57

Bavardages

Bavardages


"J'espère seulement que ce que nous faisons en ce moment offrira une expérience intense qui donnera envie à des gosses de dix ou douze ans de faire des films car c'est ce qui m'est arrivé et il est important d'inspirer à mon tour de futurs réalisateurs. Il faut que ces gosses soient émerveillés par les films car ils sont l'avenir du cinéma."

Peter Jackson

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# Posté le mercredi 28 janvier 2009 06:17
Modifié le dimanche 21 juin 2009 10:42