IL FAIT chaud.
DANS L'OMBRE ÉTOUFFANTE que me procure ma chambre, je cède à la douce torpeur d'un après-midi d'été. Mon corps paresseux n'esquisse pas le moindre mouvement de peur que mon sang ne s'échauffe encore plus, provoquant ainsi ma mort par déshydratation. Ma peau légèrement humide de sueur rutile telle une peau de serpent, frissonnant au moindre courant d'air. Une mouche vole près de ma jambe. Ses mouvement d'aile me font un peu d'air.
ALLONGÉE SUR LE LIT, dévorant pour la millième fois le même roman, il me semble que je vais fondre comme du beurre si la température monte encore d'un degré. Je suis en sous-vêtements mal assortis mais peu m'importe puisque personne ne peut me voir.
SOUDAIN IL SE DÉCOUPE comme une ombre devant ma porte-fenêtre. Venant du jardin, un garçon s'approche à grand pas, d'un air décidé. J'ai tout juste le temps de bondir dans une robe avant qu'il ne frappe à la vitre, souriant de toutes ses dents.
AVEC SON LONG VISAGE pâle et insolent, il ressemble à l'image que je me fais de Drago Malefoy. Ses cheveux blonds et courts semblent avoir blanchi avec le soleil. Sans plus attendre je l'invite à entrer et il me remercie d'un petit sourire moqueur. En fermant la porte-fenêtre, je me regarde dans le miroir : ma robe est complètement relevée par-derrière.
JE M'EMPRESSE ALORS de remettre un peu d'ordre dans ma tenue débraillée sans qu'il n'éclate de rire mais c'est trop tard. Il prend alors ma main, m'attire vers lui et m'embrasse sans retenue. Ses yeux bleus électriques percent mon envie avant même que je la formule et sans un mot, il retire ma robe jaune tournesol.
LE BRUIT DU VENTILATEUR qui se met en marche accompagne la fin de nos ébats amoureux. Il me semble que la réalité est loin, très loin de moi. Je tourne la tête vers la petite masse de cheveux blonds paille qui dépasse d'un oreiller. Je m'approche alors de lui, la tête en équilibre dans une main, et lui souffle dans le creux du cou. Immédiatement, il se rétracte en riant, attends quelques secondes, puis me chatouille les côtes, provoquant un fou rire de vingt bonnes minutes.
<<Elles étaient géniales nos après-midi d'été. Je vous jure. C'était pas important qu'il ait dix-sept ans, et moi vingt-cinq.>>



